Durant la dernière décennie, le Mali, à l’instar des autres pays de l’AES, a engagé des réformes ambitieuses pour professionnaliser les services d’eau potable dans un contexte marqué par une triple pression : démographique, sécuritaire et climatique. Ces efforts ont permis des avancées notables, mais restent insuffisants pour garantir l’atteinte de l’objectif 6.1 des ODD – assurer à tous un accès universel, équitable et abordable à l’eau potable.
Il est désormais impératif d’opérer un véritable changement d’échelle : renforcer la gouvernance, améliorer la qualité et la continuité des services, et mobiliser des ressources adaptées pour répondre à la demande croissante. Sans cette transformation, l’accès équitable à l’eau potable restera hors de portée pour des millions de citoyens
Cette dynamique de transformation a été récemment réaffirmée lors d’un atelier crucial tenu à Bamako les 26 et 27 août 2025, organisé par la Direction Nationale de l’Hydraulique (DNH) avec le soutien technique et financier d’IRC Sahel. L’événement a marqué le lancement d’une mission de capitalisation sur les expériences de professionnalisation des services d’eau potable couvrant la période 2016-2025. Il a réuni les principaux acteurs du secteur – DNH, Direction Nationale de l’Assainissement, SOMAPEP, CREE, Mairie du District de Bamako – ainsi que des partenaires techniques et financiers tels que l’UNICEF et IRC Sahel, avec la participation d’experts nationaux et internationaux.
L’atelier avait pour objectif principal de renforcer l’appropriation nationale de cette mission en présentant la méthodologie et en recueillant les contributions des parties prenantes. Les participants ont pris part à des sessions plénières interactives, à des remplissages collectifs de fiches d’enquête et à une cartographie participative des mécanismes de professionnalisation existants.
Les discussions ont permis de mettre en lumière plusieurs enjeux stratégiques, notamment la faisabilité du plan d’action face aux contraintes de financement et de sécurité, ainsi que la nécessité d’adapter les cadres juridiques au contexte national. Une attention particulière a été accordée à la réforme en cours de validation de la politique nationale de l’eau, considérée comme un levier majeur pour la réussite de la professionnalisation.
À l’issue des travaux, les participants ont formulé des recommandations stratégiques pour la période 2025-2030, afin de contribuer à l’atteinte de l’ODD 6 et de préparer l’agenda post-ODD. Parmi les priorités identifiées figurent :
• L’organisation d’une table ronde pour mobiliser des financements ;
• La révision des contrats de concession et l’actualisation de la tarification du secteur ;
• Le renforcement du suivi et de l’évaluation de la performance des opérateurs ;
• La promotion de partenariats public-privé pour une gestion plus durable des services d’eau ;
• La mise à jour des textes législatifs et réglementaires pour les aligner sur les réalités actuelles.
L’atelier s’est conclu dans un esprit de satisfaction et d’engagement partagé. Les participants ont reconnu l’importance de cette capitalisation pour orienter les interventions futures dans le secteur WASH au Mali et ont exprimé leur volonté de poursuivre cette dynamique. IRC Sahel, en tant que partenaire technique et catalyseur d’innovation, invite l’ensemble des parties prenantes – institutions publiques, collectivités, secteur privé, partenaires techniques et financiers – à renforcer leur collaboration. Ensemble, nous pouvons transformer ces recommandations en actions concrètes et accélérer l’accès universel à l’eau potable pour tous les Maliens.